Rugby : de graves et invisible séquelle d’un sport de plus en plus violent

Les anciennes stars du top 14 comme Raphaël Ibanez et Jean-Pierre Rives, Maxime Villalongue ou encore Robbins Tchalé Watchou ont tous dû arrêter de jouer au rugby après avoir subi de nombreux chocs. Ce dernier, ancien joueur et aujourd’hui président de Provale, le syndicat des joueurs, se demande si il va pouvoir retrouver une vie normale, “ Il y a des mouvements moteurs basiques que je n’arrive plus à faire » . Marie-Alice Yahé, se souvient d’avoir fait un malaise, qui s’est avéré être un enfaite un KO : « C’était absolument improbable de faire un KO avec un choc si faible. Mon cerveau était fatigué par les commotions cérébrales » . Une commotion cérébrale se traduit par un comportement qui est anormal, ça peut aller d’une confusion à un trouble de l’équilibre ou une perte de connaissance. Ces symptômes peuvent régresser ou au contraire perdurer dans le temps.

Un mal ignoré

Avec l’adrénaline et la pression de l’enjeu, la prudence est souvent laissé de côté. Pendant de nombreuses années, le staff a lui aussi minimiser l’impact de ces chocs violents, associant cette violence, au jeu en lui-même. Les entraîneurs et les médecins ont beau être soucieux pour la santé des joueurs, l’enjeu de la compétition prend parfois le dessus sur la santé des joueurs. L’ancien joueur du Clermont-Ferrand, aujourd’hui devenu entraîneur à Oyonnax, Adrien Buononato l’avoue : “Quand on est dans le stress de la compétition et qu’on a un joueur au sol, on va dire au médecin ‘il faut que tu me le relèves, faut qu’on soit 15’, au lieu de s’inquiéter du danger. Dès que le match commence, on n’est plus du tout dans cette logique de protection ».

Des études scientifiques alarmantes

Aujourd’hui, il reste difficile de réaliser des études scientifiques dans le but de recenser le nombre de joueurs qui souffrent de ces séquelles graves, car les chercheurs peine à retrouver les anciens joueurs. “Sur 1200 joueurs, on en a récupéré entre 150 et 200″ nous dit le neurochirurgien Philippe Deck qui a tenté de recueillir les témoignages de joueurs des années 1980. Cependant, des études réalisées en amérique nous donne des indications. En boxe et en football américain dont les joueurs souffrent de troubles neurologiques similaires, des chercheurs analysés le sujet. Ainsi, ils ont étudiés les cerveaux de joueurs de football américains qui ont donné leur cerveau à la science. Jean-François Chermann, neurochirurgien et responsable de la consultation “sport et commotion” parle des résulats : 99% de ces joueurs de football américain ont des anomalies concordantes avec une encéphalopathie chronique post-traumatique. Plus ils avaient de symptômes, plus ils avaient de lésions dans leur cerveau ». Mais dans certains cas, les lésions sont invisibles avec l’imagerie médicale, type IRM. C’est pourquoi Jean-François Chermann aimerait « arriver à convaincre la communauté scientifique, que des traumatismes crâniens légers peuvent engendrer des problèmes, et ce même si les examens morphologiques (IRM, scanner) sont normaux. Dans notre communauté scientifique française, ce n’est absolument pas possible”.
Les clubs sont de plus en plus sensibilisé à ce genre de problèmes et un test a été mis en place, celui-ci peut détecter une commotion cérébrale grâce à une simple prise de sang. Cependant, seul la moitié des professionnels s’y soumettent.